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Transmission de patrimoine : ce que personne ne vous dit sur la fiscalité France–USA

  • il y a 4 heures
  • 5 min de lecture

Posséder un patrimoine entre plusieurs pays est devenu courant pour les dirigeants et fondateurs internationaux. Entre résidence aux États-Unis, investissements immobiliers en France et héritiers répartis à travers plusieurs juridictions, la question successorale dépasse largement le cadre d'une simple transmission familiale.


Une maison en papier fait avec des billets de banque américains

Pourtant, beaucoup pensent encore qu'un patrimoine situé à l'étranger est automatiquement hors de portée du fisc français. En pratique, la fiscalité des successions internationales repose sur des règles de territorialité et de résidence fiscale qui peuvent conduire à une imposition en France, même lorsque le défunt ou les héritiers vivent à l'étranger.


Entre la France et les États-Unis, ces règles s'articulent autour de plusieurs critères déterminants : la résidence fiscale du défunt, la localisation des actifs et les conventions fiscales internationales applicables.



La logique française : résidence et territorialité


La fiscalité française des successions repose sur un principe simple mais puissant : la territorialité.

Selon l'article 750 ter du Code général des impôts :

  • Si le défunt est résident fiscal français au moment du décès, l'ensemble de son patrimoine mondial peut être soumis aux droits de succession français.

  • Si le défunt n'est pas résident fiscal français, seuls les biens situés en France sont en principe imposables en France.


Cela signifie qu'un entrepreneur installé aux États-Unis mais possédant un bien immobilier en France peut voir ce bien soumis aux droits de succession français.


La localisation du patrimoine reste donc un élément central dans la planification successorale internationale.



Le système américain : une logique différente


Aux États-Unis, l'imposition des successions fonctionne selon un modèle très différent.

Le système fédéral prévoit une estate tax avec un abattement particulièrement élevé avant imposition. Ce seuil, ajusté régulièrement, dépasse aujourd'hui plusieurs millions de dollars par personne.


Dans de nombreux cas, les successions ne sont donc pas imposées au niveau fédéral.

Toutefois, certains États américains appliquent leurs propres taxes successorales ou taxes sur les héritages. La fiscalité dépend donc également de l'État de résidence au moment du décès.


Cette architecture peut donner l'impression que la fiscalité successorale américaine est plus favorable que celle de la France. Mais dès qu'un patrimoine est réparti entre plusieurs pays, l'analyse devient beaucoup plus complexe.




Le rôle de la convention fiscale France–États-Unis


La France et les États-Unis ont signé une convention fiscale spécifique relative aux successions et donations afin d'éviter les situations de double imposition.


Cette convention détermine notamment :

  • quel pays a le droit principal d'imposer certains actifs ;

  • comment les crédits d'impôt peuvent être appliqués pour éviter une double taxation ;

  • comment traiter les situations de double résidence.


Dans la pratique, la convention ne supprime pas l'impôt. Elle organise simplement la répartition des droits d'imposition entre les deux États.


Chaque situation doit donc être analysée individuellement.



Comparatif France vs USA

Critère

France

États-Unis

Impôt sur les successions

Oui

Estate tax fédérale

Seuil d’imposition

Abattements variables

Abattement très élevé avant taxation

Principe fiscal

Territorialité + résidence

Estate tax basée sur la valeur du patrimoine

Taxe d’État

Non

Possible selon l’État

Impact pour expatriés

Les biens situés en France peuvent être imposés

Les règles varient selon résidence et statut fiscal


💡 À retenir : Un entrepreneur installé aux États-Unis peut toujours voir ses biens situés en France soumis aux droits de succession français.



Les points d'attention pour les dirigeants internationaux


Une maison en papier à côté d'une loupe

Pour les entrepreneurs qui vivent entre la France et les États-Unis, plusieurs éléments doivent être analysés en amont :

  • la résidence fiscale réelle du dirigeant ;

  • la localisation des actifs immobiliers et financiers ;

  • la structure de détention du patrimoine (directe, via holding, via trust, etc.) ;

  • la localisation des héritiers.


La succession internationale ne concerne pas uniquement la fiscalité personnelle. Elle peut aussi avoir des conséquences directes sur la transmission d'une entreprise familiale, la gouvernance d'une holding ou la stabilité d'une structure patrimoniale.



Comparaison : succession France–Canada vs France–USA


La comparaison avec le Canada illustre bien les différences de systèmes.

Le Canada n'applique généralement pas d'impôt direct sur les héritages. En revanche, certaines règles fiscales peuvent s'appliquer au moment du décès, notamment via l'imposition des plus-values latentes.


Aux États-Unis, la fiscalité repose sur l'estate tax, avec un seuil d'exonération élevé mais une taxation potentielle significative au-delà.


Dans les deux cas, la présence d'actifs en France peut entraîner l'application des droits de succession français. C'est pourquoi la planification successorale doit toujours être pensée à l'échelle internationale.



Anticiper pour protéger le patrimoine familial


Une succession internationale bien structurée repose sur plusieurs leviers :

  • clarifier la résidence fiscale des personnes concernées ;

  • organiser la détention des actifs ;

  • analyser les conventions fiscales applicables ;

  • rédiger un testament adapté à une situation internationale.


Pour les dirigeants internationaux, la succession n'est pas seulement un sujet fiscal. C'est un enjeu de gouvernance, de transmission et de protection du patrimoine familial.



Succession France–USA : ce que les dirigeants nous demandent le plus souvent


Un résident américain doit-il payer des droits de succession en France ?

Oui, si la succession comprend des biens situés en France, comme un bien immobilier ou certaines participations dans des sociétés françaises.

Existe-t-il une convention fiscale entre la France et les États-Unis pour les successions ?

Oui. La France et les États-Unis ont signé une convention fiscale spécifique afin d’éviter certaines situations de double imposition en matière de succession.

Les États-Unis appliquent-ils un impôt sur les successions ?

Oui. Les États-Unis appliquent une estate tax fédérale, avec un seuil d’exonération élevé. Certains États peuvent également appliquer leur propre fiscalité successorale.

Peut-on être imposé dans deux pays lors d’une succession internationale ?

Cela peut arriver. Les conventions fiscales internationales permettent toutefois d’éviter ou de limiter les situations de double imposition.


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Conclusion


Entre la France et les États-Unis, la fiscalité successorale ne se résume jamais à une simple comparaison de taux. Elle repose sur un équilibre entre résidence fiscale, localisation des biens, conventions internationales et structuration patrimoniale.


Anticiper ces sujets permet non seulement d'éviter les mauvaises surprises fiscales, mais aussi d'assurer une transmission fluide du patrimoine et des entreprises familiales.


Pour les dirigeants qui vivent ou investissent entre plusieurs juridictions, la planification successorale internationale devient un élément clé de la stratégie patrimoniale.


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Sources :




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