Voiture personnelle ou voiture de société en 2026 : quelle solution coûte réellement le moins cher ?
- 7 août
- 5 min de lecture

Acheter sa voiture personnellement et se faire rembourser ses déplacements professionnels ?
Ou faire acheter ou louer le véhicule par l’entreprise ?
En 2026, la réponse est moins évidente qu’il n’y paraît.
Le prix et le loyer du véhicule ne suffisent pas pour comparer : indemnités kilométriques, avantage en nature, TVA, amortissement, malus et taxes sur les véhicules peuvent complètement changer le résultat.
Ce qu’il faut retenir
Véhicule personnel + indemnités kilométriques : solution souvent simple lorsque le kilométrage professionnel reste raisonnable.
Véhicule de société thermique : attention à l’avantage en nature, aux taxes CO₂/polluants et au malus.
Véhicule électrique de société : fiscalité généralement plus favorable, notamment sur l’avantage en nature et les taxes annuelles.
TVA et amortissement : une voiture achetée par l’entreprise n’est pas intégralement déductible pour autant.
Il faut comparer le coût total entreprise + dirigeant, pas uniquement la mensualité du véhicule.
Option 1 : utiliser sa voiture personnelle et se faire rembourser
Examinons un premier cas de figure. En tant que dirigeant vous utilisez votre véhicule personnel pour vos déplacements professionnels et l’entreprise vous rembourse des indemnités kilométriques, à condition de pouvoir justifier les déplacements réalisés.
Dans ces cas, le barème fiscal prend déjà en compte une grande partie des coûts du véhicule : dépréciation, entretien, pneus, assurance et carburant. Pour un véhicule 100% électrique, le montant obtenu avec le barème bénéficie par ailleurs d’une majoration de 20%.
L’intérêt est plutôt évident. Pas de véhicule à acheter ou à louer par la société et, lorsque les remboursements correspondent à de véritables frais professionnels justifiés, ils ne constituent pas une rémunération supplémentaire.
Il reste néanmoins un coût personnel car c’est vous qui financez le véhicule, son assurance et sa perte de valeur.
Autre subtilité méconnue dont vous devez tenir compte : un véhicule personnel dont l’entreprise rembourse beaucoup de kilomètres peut malgré tout entrer dans le calcul des taxes sur les véhicules affectés à des fins économiques.
Par ailleurs, si l’entreprise rembourse jusqu’à 15 000 km professionnels dans l’année, aucune taxe CO₂ ou sur les polluants n’est due au titre de ce véhicule personnel. Au-delà, une fraction croissante de la taxe est prise en compte.
Option 2 : faire acheter ou louer la voiture par l’entreprise

Dans ce scénario, l’entreprise finance le véhicule, son assurance, son entretien et éventuellement son carburant ou sa recharge. C’est évidemment "confortable" pour le dirigeant.
Mais, si celui-ci utilise également la voiture à titre privé, cette utilisation constitue généralement un avantage en nature pour un dirigeant salarié ou assimilé salarié. Et son coût a fortement augmenté pour les véhicules mis à disposition depuis février 2025.
Pour un véhicule acheté de moins de cinq ans, l’évaluation forfaitaire atteint désormais 15% du prix d’achat par an, ou 20% lorsque l’entreprise prend également en charge le carburant.
Pour une voiture louée ou en LOA, le forfait atteint 50% du coût annuel location-entretien-assurance, voire 67% avec prise en charge du carburant selon la méthode forfaitaire. Cet avantage entre du coup dans l’assiette sociale du bénéficiaire.
L’électrique bénéficie toutefois d’un régime beaucoup plus favorable. Pour certains véhicules électriques répondant au critère environnemental prévu par les textes, l’avantage en nature bénéficie jusqu’à fin 2027 d’un abattement de 70%, plafonné à 4 582 € par an. A noter, que les frais d’électricité payés par l’employeur pour la recharge ne sont pas intégrés dans son calcul.
TVA : attention au faux avantage de la voiture «passée sur la société»
Pour une voiture de tourisme classique, la société ne récupère généralement pas la TVA sur l’achat du véhicule. La même restriction concerne en principe les dépenses de location liées à un véhicule exclu du droit à déduction (sauf activités particulières comme la location de véhicules ou le transport de voyageurs).
La situation est en revanche différente pour le carburant. Pour une voiture de tourisme, 80% de la TVA sur l’essence, le gazole ou l’E85 peut notamment être déduite, sous réserve des conditions habituelles de récupération de TVA.
Acheter une voiture 50 000 € TTC avec la société ne signifie donc pas qu’elle ne coûtera que 41667 € après récupération de TVA...
L’amortissement n’est pas non plus totalement déductible
Autre idée reçue : « la société achète la voiture, donc elle amortit tout ».

En effet, pour les voitures particulières, la déduction fiscale de l’amortissement est plafonnée selon les émissions de CO₂. Pour les véhicules acquis depuis 2021, les plafonds vont de 30 000 € pour les véhicules émettant moins de 20 g de CO₂/km à seulement 9 900 € pour ceux émettant au moins 131 g/km.
La fraction d’amortissement correspondant au prix dépassant le plafond doit être réintégrée fiscalement.
Une voiture thermique haut de gamme achetée par la société peut donc être beaucoup moins intéressante fiscalement que son prix inscrit en comptabilité ne le laisse penser.
CO₂, polluants et malus : le thermique cumule les coûts
Une entreprise utilisant une voiture de tourisme peut également être redevable de deux taxes annuelles :
l’une calculée sur les émissions de CO₂,
l’autre sur les polluants atmosphériques.
Les véhicules exclusivement électriques ou hydrogène en sont évidemment exonérés.
En revanche, à l’achat d’un véhicule neuf, il faut ajouter le "malus". En 2026, le malus CO₂ commence dès 108 g/km et peut atteindre 80 000 € au-delà de 191 g/km. Le malus au poids commence quant à lui à 1 500 kg.
Attention, depuis le 1er juillet 2026, tous les véhicules électriques ne sont plus automatiquement exonérés du malus au poids. Ceux considérés comme ayant une faible empreinte carbone restent exonérés, tandis que les autres bénéficient d’un abattement de 600 kg avant calcul de la taxe.
Mais alors, quelle solution choisir ?
Pour un dirigeant effectuant peu de kilomètres professionnels, la voiture personnelle associée aux indemnités kilométriques peut rester particulièrement efficace : fonctionnement simple, pas d’avantage en nature et pas de véhicule immobilisé dans la société.
Lorsque le kilométrage professionnel devient important, que l’entreprise souhaite supporter directement le financement du véhicule ou lorsqu’un véhicule électrique adapté fiscalement est envisagé, la voiture de société peut devenir plus intéressante.
À l’inverse, une voiture thermique chère et fortement émettrice, cumule rapidement plusieurs inconvenienants : malus, taxes annuelles, avantage en nature, TVA non récupérable et amortissement fiscal plafonné.
La bonne comparaison doit donc être faite avant de signer le bon de commande ou le contrat de leasing.
Blendy peut simuler les deux scénarios en intégrant le statut du dirigeant, son kilométrage professionnel, le véhicule envisagé et l’ensemble des conséquences fiscales et sociales.
Quelques calculs avant l’achat peuvent ainsi vous éviter plusieurs années de surcoût.
Sources :
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