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Holding en 2026 : ce qui change pour les dirigeants

  • il y a 5 jours
  • 4 min de lecture
Holding en France, ce qui change cette année, par Blendy expert-comptable digital international

Créer une holding est toujours un outil pertinent pour structurer un groupe, faire remonter des dividendes, financer une acquisition ou préparer une transmission.


Mais 2026 modifie plusieurs règles importantes. La Loi de Finances durcit notamment l’apport-cession, resserre le pacte Dutreil et introduit une nouvelle taxe visant certaines holdings patrimoniales.


Voici ce qui change réellement pour les dirigeants.



Apport-cession : 70% à réinvestir, mais un délai porté à 3 ans


L’apport-cession permet à un dirigeant d’apporter les titres de son entreprise à une holding qu’il contrôle et de placer la plus-value d’apport en report d’imposition. Lorsque la holding revend les titres apportés dans les 3 ans suivant l’apport, le maintien de ce report suppose notamment de réinvestir une partie du produit de cession.


Et c’est précisément là que les règles changent en 2026.


Pour les cessions réalisées depuis le 21 février 2026 :

  • la part minimale à réinvestir passe de 60% à 70% du produit de cession

  • le délai accordé pour réaliser ce réinvestissement passe de 2 à 3 ans

  • les activités pouvant bénéficier du remploi sont davantage encadrées

  • la durée de conservation de certains actifs ou titres acquis en remploi direct passe de 1 à 5 ans


Le dirigeant dispose donc de davantage de temps pour réinvestir, mais doit engager une part plus importante du produit de cession et conserver certains investissements beaucoup plus longtemps.

En pratique : une opération d’apport-cession envisagée avant la vente de son entreprise mérite désormais d’être modélisée avec les nouvelles règles. Le calendrier, le montant disponible et la nature des futurs investissements deviennent encore plus déterminants.


Une nouvelle taxe sur certaines holdings patrimoniales


Holding en France, ce qui change cette année, par Blendy expert-comptable digital international

Autre nouveauté 2026, la création d’une taxe sur certains actifs non professionnels détenus par des sociétés à dominante patrimoniale.


Attention toutefois au raccourci. Il ne s’agit pas d’une taxe de 20% sur toutes les holdings.


Pour entrer dans son champ, plusieurs conditions doivent notamment être réunies :

  • la valeur totale des actifs de la société atteint au moins 5 millions d’euros

  • une personne physique détient au moins 50% des droits financiers ou des droits de vote, directement ou indirectement, ou exerce en fait le pouvoir de décision

  • les revenus passifs représentent plus de 50% des produits d’exploitation et financiers


Lorsque ces conditions sont réunies, la taxe, au taux de 20%, porte sur certains actifs non affectés à une activité professionnelle : véhicules de tourisme, yachts, aéronefs, bijoux, métaux précieux, vins et alcools ou encore certains logements dont l’actionnaire se réserve la jouissance.


Elle est due pour la première fois au titre des exercices clos à compter du 31 décembre 2026.

Pour la majorité des PME disposant d’une holding destinée à détenir et piloter leurs participations opérationnelles, cette nouvelle taxe ne change donc pas le fonctionnement courant de la structure. Elle doit surtout être surveillée lorsque la holding accumule un patrimoine important et des actifs à usage privé.


Transmission : le pacte Dutreil devient plus strict


La holding peut également intervenir dans une stratégie de transmission d’entreprise, notamment lorsqu’elle est qualifiée de holding animatrice et que les autres conditions du pacte Dutreil sont respectées.


Le dispositif permet toujours, sous conditions, une exonération de 75% de la valeur des titres transmis pour le calcul des droits de donation ou de succession.


Mais la Loi de Finances 2026 resserre le dispositif. La durée d’engagement individuel de conservation des titres passe notamment de 4 à 6 ans.


Par ailleurs, certains actifs qui ne sont pas exclusivement affectés à l’activité professionnelle sont désormais exclus de l’assiette bénéficiant de l’exonération. Sont notamment concernés certains logements, véhicules de tourisme, yachts, bijoux, objets d’art, vins et alcools.

Pour un dirigeant qui prépare une transmission familiale, la composition du patrimoine détenu directement ou indirectement par la holding doit donc être examinée plus attentivement qu’auparavant.


Ce qui ne change pas en 2026


Toutes les règles applicables aux holdings n’ont évidemment pas été remises à plat. Voici ce qui ne change pas cette année :


Le régime mère-fille

Holding en France, ce qui change cette année, par Blendy expert-comptable digital international

Sous conditions, notamment de détention d’au moins 5% du capital de la filiale et de conservation des titres, le régime mère-fille permet toujours de faire remonter les dividendes à la holding en bénéficiant d’une quasi-exonération. Une quote-part de frais et charges correspondant en principe à 5% des dividendes reste intégrée au résultat taxable de la société mère.


C’est l’un des principaux mécanismes utilisés pour réinvestir au niveau d’une holding plutôt que de distribuer immédiatement les bénéfices au dirigeant personne physique.


L’intégration fiscale


L’intégration fiscale reste également possible lorsque les conditions sont réunies, notamment avec une détention d’au moins 95% des filiales concernées. Elle permet de calculer un résultat fiscal à l’échelle du groupe et, notamment, de compenser certains bénéfices et déficits entre sociétés intégrées.


Le taux réduit d’IS


Une holding répondant aux conditions applicables aux PME peut bénéficier du taux réduit d’impôt sur les sociétés de 15% sur les premiers 42 500€ de bénéfice, puis du taux normal de 25% au-delà. Le chiffre de 38 120 €, encore fréquemment repris dans d’anciens contenus, n’est donc plus le seuil applicable.



Faut-il revoir sa holding en 2026 ?


Pas nécessairement. Une holding déjà en place pour détenir des filiales et faire remonter des dividendes ne doit pas être restructurée simplement parce que nous sommes en 2026.


En revanche, une analyse devient particulièrement pertinente si vous préparez :

  • la cession de votre entreprise avec un projet d’apport-cession ;

  • une transmission familiale ;

  • une acquisition financée depuis la holding ;

  • ou si votre holding détient désormais un patrimoine important mêlant actifs professionnels et privés.


Dans ces situations, les règles 2026 peuvent modifier sensiblement le montage envisagé.


Pour comprendre plus largement les avantages, les limites et les modalités de création d’une holding, consultez également notre article « Pourquoi et comment créer une holding ».




Holding : anticiper avant de restructurer


Chez Blendy, expert-comptable digital international, nous accompagnons les dirigeants et les PME dans la structuration comptable, fiscale et financière de leurs groupes.


Création d’une holding, remontée de dividendes, acquisition d’une nouvelle société, apport-cession ou préparation d’une transmission : le bon montage dépend d’abord de l’entreprise, de la trésorerie disponible et des projets du dirigeant.


Un projet de holding ou une restructuration en préparation ? Échangez avec l’équipe Blendy pour modéliser les différentes options avant de décider.


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