S’établir fiscalement à Dubaï : vraie opportunité ou fausse bonne idée pour les PME françaises ?
- Noham Layani
- 13 janv.
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 3 jours

Pour une PME du numérique, SaaS, e-commerce ou ESN qui réalise déjà plus de 500 k€ de chiffre d’affaires annuel et qui vise l’international, Dubaï fait évidemment rêver.
Une fiscalité ultra-attractive, un environnement cosmopolite, une position stratégique entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique… l’émirat a coché toutes les cases pour devenir une destination phare des entrepreneurs en mobilité.
Pourtant, quand on gratte un peu sous la surface, l’implantation fiscale à Dubaï est loin d’être une solution miracle pour toutes les entreprises. Entre enjeux de résidence fiscale, nouvelles règles de corporate tax, obligations de conformité internationale et pièges français (exit tax, double imposition…), la réalité est loin du mythe du « zéro impôt automatique ».
Découvrons ensemble quels sont les bénéfices réels, les risques cachés et les conditions d’un succès fiscal à Dubaï, avec une perspective pratique pour les dirigeants de PME qui veulent aller au-delà des idées reçues.
L’attractivité fiscale de Dubaï, un vrai atout (mais pas sans conditions)

À première vue, Dubaï semble le paradis fiscal rêvé :
0% d’impôt sur le revenu des particuliers Les salaires, dividendes, intérêts et plus-values personnelles ne sont pas soumis à l’impôt local pour les résidents fiscaux.
Impôt sur les sociétés attractif Depuis 2023, un taux de 9% s’applique uniquement aux bénéfices supérieurs à 375 000 AED (~95 000 €), ce qui reste compétitif comparé aux 25% en France.
TVA à 5% Faible comparée à l’Europe, avec une structure indirecte plus légère pour les entreprises et consommateurs.
Un réseau de zones franches (Free Zones) Celles-ci permettent, sous conditions strictes, d’atteindre 0% d’impôt sur les sociétés et rapatriement intégral des bénéfices.
Ce cocktail fiscal profite à ceux qui remplissent les conditions de résidence fiscale, démontrent une activité économique réelle à Dubaï et choisissent une structure juridique adaptée à leur business model. Sans cela, les avantages restent théoriques.
Les freins trop souvent négligés par les dirigeants
1. Résidence fiscale : pas automatique, mais conditionnée à la réalité économique
Pour être considéré comme résident fiscal, il ne suffit pas d’avoir une adresse postale à Dubaï. Il faut prouver que votre vie personnelle et économique est réellement localisée aux Émirats Arabes Unis (EAU). Par exemple présence physique prolongée, logement permanent, centre d'intérêts économiques, etc.
Cette exigence est déterminante : sans statut fiscal confirmé, vous pourriez toujours être considéré comme résident fiscal français, et donc imposable en France sur vos revenus mondiaux.
Un cas récent l’illustre : Un couple installé à Dubaï s’est vu réclamer plus d’un million d’euros d’impôts en France, car l’administration fiscale a estimé que la résidence fiscale réelle n’était pas transférée.
2. Corporate tax : une nouveauté qui change la donne
Bien que l’impôt sur les sociétés reste faible, depuis 2023, une corporate tax de 9% s’applique aux bénéfices dépassant un seuil et des obligations déclaratives apparaissent.
Pour les entreprises internationales ou les filiales, cela signifie :
Comprendre la différence entre activité locale et revenus de source étrangère.
Respecter les règles de soumission et de compliance fiscale même si l’impôt paraît faible.
Gérer correctement la TVA locale (5 %) et les contributions indirectes. (Clemenceau Group)
3. L’exit tax et la fiscalité française
Même si vous devenez résident fiscal à Dubaï, la France n’efface pas automatiquement vos obligations.
Certains revenus ou gains réalisés en France peuvent rester imposables dans l’Hexagone, notamment si vous avez quitté la France récemment ou détenez encore des actifs importants.
Ce point est essentiel pour les dirigeants qui pensent que « quitter la France » suffit à éliminer toute facture fiscale. Non seulement cela nécessite une réelle stratégie de transfert de résidence, mais également une planification minutieuse.
L’erreur fréquente des dirigeants : « déménager sans déplacer l’entreprise »De nombreux dirigeants pensent qu’il suffit de s’installer personnellement à Dubaï pour bénéficier d’une fiscalité plus avantageuse. En pratique, c’est rarement suffisant. Dans ce scénario, le dirigeant déménage à titre personnel, obtient un visa et une résidence à Dubaï, mais l’entreprise reste basée en France : siège social, équipes, clients, facturation et création de valeur demeurent majoritairement français. Résultat :
👉 La règle est simple : on ne déplace pas une fiscalité d’entreprise en déplaçant uniquement son dirigeant. Seule une réorganisation cohérente de l’activité, des fonctions et de la création de valeur permet d’envisager une optimisation fiscale durable. |
Dubaï : pour quelles PME est-ce une solution pertinente ?

Dubaï peut être une excellente destination fiscale pour :
des PME avec un actionnariat impliqué dans la gestion locale,
celles qui peuvent démontrer une activité économique réelle sur place,
des entreprises qui veulent structurer une plateforme internationale de croissance,
des entreprises en SaaS, e-commerce ou services tech, dont les revenus peuvent être captés au-delà des frontières traditionnelles.
En revanche, certaines PME pourraient y perdre si :
elles ne sont pas prêtes à organiser leur vraie présence locale,
elles continuent à générer l’essentiel de leurs profits en France ou dans d’autres pays avec lesquels la France a des conventions fiscales,
elles ignorent les obligations de reporting, de TVA ou de corporate tax locales.
Comment Blendy peut accompagner votre projet à Dubaï
Chez Blendy, nous savons que les enjeux fiscaux d’un projet international ne s’arrêtent pas à une simple comparaison de taux d’impôt. Une optimisation pérenne résulte forcément d’une stratégie globale, intégrant :
1. Analyse personnalisée de votre situation fiscale globale Nous évaluons votre structure actuelle, vos revenus, vos perspectives de croissance et identifions les leviers fiscaux disponibles à Dubaï et en France.
2. Structuration juridique adaptée Création ou adaptation d’entités (Free Zones, Mainland), mise en place des conventions et respect des obligations locales.
3. Transfert de résidence fiscale en toute sécurité Nous vérifions les conditions de résidence fiscale, anticipons les pièges de l’exit tax, et sécurisons vos déclarations.
4. Compliance fiscale multijuridictionnelle TVA locale, corporate tax, conventions internationales… Blendy vous aide à rester conforme dans tous les pays où vous êtes actifs.
Alors ? Dubaï, opportunité ou mirage fiscal ?
Dubaï représente une véritable opportunité fiscale pour les PME ambitieuses — à condition d’y aller avec rigueur, stratégie et accompagnement expert.
Son régime fiscal attractif est réel, mais il n’est ni automatique ni universellement avantageux sans une structuration correcte et une planification minutieuse.
Pour une PME tech, SaaS, e-commerce ou numérique qui vise une internationalisation structurée, Dubaï peut être une rampe de lancement puissante. Mais sans une stratégie solide, le rêve fiscal peut se transformer en risque réel.
👉 Mieux vaut anticiper, structurer et accompagner — plutôt que courir après une fiscalité basse qui n’est pas réellement accessible.
Avec Blendy, expert-comptable international basé en France, au Canada et aux USA profitez de tous les atouts de la comptabilité digitale pour accélérer votre process finance et développer votre entreprise.
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