Votre entreprise gagne 100 000 € : combien de cash pouvez-vous réellement sortir en France vs en Floride ?
Dernière mise à jour : il y a 8 heures

Votre entreprise gagne de l’argent et fait des bénéfices. Bravo ! Vous êtes sur la bonne voie. Mais savez-vous réellement combien de ce bénéfice peut réellement arriver sur votre compte personnel ?
C’est ici que la comparaison fiscale entre la France et la Floride devient intéressante. Car le taux d’impôt sur les sociétés ne raconte qu’une partie de l’histoire.
Pour un dirigeant actionnaire, il faut avant tout regarder la totalité du parcours du cash : bénéfice de l’entreprise, impôt de la société, puis fiscalité au moment où l’argent est versé au dirigeant.
Et sur ce terrain, France et Floride fonctionnent très différemment.
Cet article présente des situations volontairement simplifiées afin d’illustrer les différences de mécanisme entre la France et la Floride. La fiscalité applicable dépend notamment de la structure juridique, de la résidence fiscale des actionnaires, des conventions fiscales et de la nature des revenus.
Pour en savoir plus, demandez à Blendy, expert-comptable international.
En France, sortir le bénéfice d’une SAS se fait en deux temps
Prenons l'exemple d'une SAS française qui réalise 100 000 € de bénéfice avant impôt sur les sociétés (IS), et dont l’actionnaire souhaite ensuite récupérer le solde sous forme de dividendes.
Première étape : l’impôt sur les sociétés
Le taux normal de l’IS en France est de 25%. Certaines PME peuvent bénéficier du taux réduit de 15% sur les premiers 42 500 € de bénéfice (sous conditions).
Pour rester simple, prenons d’abord une société imposée intégralement à 25%.
Sur 100 000 € de bénéfice, 25 000 € partent en IS. Il reste donc 75 000 € susceptibles d’être distribués.
Mais ces 75 000 € ne sont pas encore dans la poche du dirigeant.
Les dividendes sont ensuite taxés chez l’actionnaire
Depuis le 1er janvier 2026, le prélèvement forfaitaire unique (PFU) sur les revenus du capital est passé à 31,4% : 12,8% d’impôt sur le revenu et 18,6% de prélèvements sociaux. Pour les dividendes de SAS ou SASU, l’Urssaf confirme également ce taux.

Revenons à l'exemple de notre SAS. Sur les 75 000 € distribués, 23 550 € sont donc prélevés au titre du PFU. Il reste au dirigeant 51 450 € nets sur les 100 000 € générés initialement par l’entreprise.
Autrement dit, dans ce scénario simplifié, près de la moitié du bénéfice initial est absorbée entre l’IS et la fiscalité du dividende.
La situation peut être un peu plus favorable lorsqu’une PME bénéficie du taux réduit d’IS à 15% sur ses premiers 42 500 € de bénéfice. Mais le principe reste le même. Avant d’arriver chez l’actionnaire, le bénéfice traverse deux niveaux de taxation.
100 000 € de bénéfice ne signifient donc pas 100 000 € disponibles personnellement.
Et c’est précisément là que la comparaison avec la Floride devient intéressante.
En Floride, la C-Corp connaît elle aussi une double taxation
Créer une société aux États-Unis ne signifie pas automatiquement échapper à la double taxation.
Avec une C-Corporation, la société est fiscalement distincte de ses actionnaires. Le bénéfice peut donc être imposé une première fois au niveau de l’entreprise, puis une seconde fois lorsqu’il est distribué au dirigeant-actionnaire sous forme de dividende.
C’est d’ailleurs exactement ainsi que l’Internal Revenue Service (IRS), l’administration fiscale fédérale américaine, décrit le fonctionnement d’une C-Corp : la société paie l’impôt sur son bénéfice, puis l’actionnaire est imposé lorsque ce bénéfice lui est distribué sous forme de dividende.
Contrairement à une idée reçue que la plupart des entrepreneurs français font, créer une société aux États-Unis ne supprime pas automatiquement la double taxation.
Première étape : l’impôt payé par la C-Corp
Au niveau fédéral, une C-Corp est soumise à un impôt sur les bénéfices de 21%.
En Floride peut s’ajouter un Corporate Income Tax de 5,5%. Mais cet impôt de l’État obéit à ses propres règles : le revenu fiscal fédéral est notamment ajusté et une exonération de 50 000 $ est déduite avant l’application du taux de 5,5%.
C’est pourquoi il serait trompeur de simplement additionner 21% et 5,5% et de présenter 26,5% comme le taux d’imposition systématique d’une C-Corp en Floride.
Dans notre exemple simplifié à 100 000 $ de bénéfice, nous retenons donc :
100 000 $ de bénéfice avant impôt→ 21 000 $ d’impôt fédéral→ 2 750 $ d’impôt de Floride, après prise en compte de l’exonération de 50 000 $→ 76 250 $ de bénéfice distribuable
Mais ce montant n’est pas encore ce que récupère personnellement le dirigeant-actionnaire.
Deuxième étape : le dividende est imposé chez l’actionnaire
Aux États-Unis, tous les dividendes ne sont pas imposés de la même manière.
Dans notre exemple, nous considérons que le dividende distribué par la C-Corp répond aux conditions pour être considéré comme un qualified dividend, c’est-à-dire un dividende qualifié.
Cette qualification est importante : les qualified dividends peuvent bénéficier des mêmes taux préférentiels que certaines plus-values à long terme, soit 0%, 15% ou 20%, en fonction notamment du revenu imposable du contribuable.
Pourquoi retenir 15% dans notre exemple ?
Pour rendre la comparaison concrète, nous prenons le cas d’un dirigeant-actionnaire célibataire, déclaré aux États-Unis comme single filer.
En 2026, pour ce profil, le taux de 15% s'applique sur la tranche intermédiaire correspondant à un revenu imposable supérieur à 49 450 $ et allant jusqu'à 545 500 $.
Cette fourchette est suffisamment large pour constituer un cas pédagogique pertinent lorsque l’on veut illustrer la situation d’un entrepreneur ou dirigeant-actionnaire aux États-Unis.
Nous retenons donc dans notre simulation :
76 250 $ de bénéfice distribuable→ 15% d’impôt fédéral sur le dividende qualifié, soit 11 437,50 $→ 64 812,50 $ nets pour le dirigeant-actionnaire
Le taux de 15% utilisé ici n’est donc pas un taux universel sur les dividendes américains. Selon le revenu du contribuable et sa situation, un dividende qualifié peut relever du taux de 0%, 15% ou 20%.
Et la Floride n’ajoute pas d'impôt personnel sur ce dividende
C’est ici qu’intervient l’une des particularités majeures de la Floride : l’État ne prélève pas d’impôt sur le revenu des personnes physiques.
Le dirigeant-actionnaire reste évidemment soumis à la fiscalité fédérale américaine, mais aucun impôt sur le revenu propre à l’État de Floride ne vient s’ajouter à ce niveau.
Il faut toutefois garder une autre taxe fédérale en tête : la Net Investment Income Tax (NIIT) de 3,8% peut s’appliquer à certains revenus d’investissement, dont les dividendes, lorsque le revenu dépasse certains seuils. Pour un contribuable célibataire, le seuil de revenu brut ajusté modifié est actuellement de 200 000 $.
Pour conserver un exemple lisible et comparable, nous n’intégrons pas la NIIT dans notre simulation.
France vs Floride : ce que montrent réellement les 100 000
Nous appliquons la même logique côté français : un dirigeant-actionnaire personne physique, célibataire, percevant le bénéfice de sa SAS sous forme de dividendes.
Le résultat de notre exemple est alors très concret :
France — SAS100 000 € de bénéfice → 51 450 € nets pour le dirigeant-actionnaire.
Floride — C-Corp100 000 $ de bénéfice → 64 812,50 $ nets pour le dirigeant-actionnaire, dans l’hypothèse d’un dividende qualifié imposé à 15% et hors NIIT.
La comparaison montre surtout pourquoi regarder uniquement le taux d’impôt sur les sociétés donne une vision très incomplète.
En lecture rapide, nous avons retenu 25% d’IS + 31,4% de PFU en France, contre 21% d’impôt fédéral sur les sociétés + 15% sur le dividende qualifié aux États-Unis. Mais ces taux ne doivent pas être simplement additionnés pour calculer la ponction fiscale effective : le deuxième impôt s’applique sur un montant déjà réduit par le premier.
Dans notre simulation, le dirigeant-actionnaire conserve ainsi 51,45% du bénéfice initial en France, contre 64,81% en Floride. C’est cet écart qui est le plus parlant.
Pour un dirigeant, la vraie question n’est donc pas seulement : « Quel est le taux d’impôt de ma société ? ». Mais plutôt : « Une fois la société imposée et le bénéfice distribué, combien arrive réellement sur mon compte ? »

Et avec une S-Corp, la comparaison change encore
C’est là que comparer uniquement « société française contre société américaine » devient trompeur. Une société américaine peut, lorsqu’elle remplit les conditions nécessaires, opter pour le régime de S-Corporation.

Dans ce régime, les résultats remontent généralement directement chez les actionnaires et sont imposés sur leur déclaration personnelle. Cela permet notamment d’éviter la double taxation classique de la C-Corp.
Mais il existe une contrepartie importante pour le dirigeant qui travaille dans l’entreprise.
Il ne peut pas simplement transformer toute sa rémunération en distributions pour éviter les charges sociales américaines.
L’IRS impose au dirigeant-actionnaire qui travaille pour sa S-Corp de percevoir une reasonable compensation, c’est-à-dire un salaire cohérent avec le travail réellement réalisé. C'est ce salaire qui est alors soumis aux taxes sur les salaires. Le reste peut ensuite, sous certaines conditions, être distribué différemment.
C’est l’une des raisons pour lesquelles la structure de l’actionnariat devient déterminante.
Et pour un entrepreneur français, il existe une autre limite majeure : un non-resident alien ne peut en principe pas être actionnaire d’une S-Corporation.
La structure pertinente dépend donc autant de la résidence fiscale et du statut de l’actionnaire que de l’endroit où la société est créée.
« Combien me rapporte ma société ? » n’est finalement pas la bonne question
Pour comparer deux environnements fiscaux, regarder uniquement l’impôt sur les sociétés donne une vision incomplète.
Pour un entrepreneur actionnaire, la vraie simulation devrait suivre le cash jusqu’au bout :
combien l’entreprise gagne → combien elle paie → combien elle distribue → combien le dirigeant conserve réellement.
En France comme aux États-Unis, le résultat dépend ensuite du statut de la société, du mode de rémunération du dirigeant, de sa résidence fiscale et de sa situation personnelle.
Et lorsqu’un dirigeant français envisage de développer une activité aux États-Unis, la question devient encore plus importante : la société américaine la moins taxée sur le papier n’est pas nécessairement celle qui permettra à son actionnaire de récupérer le cash dans les meilleures conditions.
C’est donc la structure complète (société, rémunération et actionnariat) qu’il faut simuler avant de choisir.
Blendy vous aide à structurer la sortie du cash, pas seulement la société
Chez Blendy, nous accompagnons des dirigeants qui développent leur activité entre la France et les États-Unis, avec des équipes présentes dans les deux pays.
L’objectif n’est pas simplement de choisir entre une SAS, une C-Corp ou une autre structure. Nous regardons l’ensemble du schéma : où se trouve l’activité, où réside le dirigeant, comment il se rémunère, comment les bénéfices sont distribués et comment l’actionnariat est structuré.
Cette vision globale permet de simuler ce que chaque option implique réellement, côté entreprise comme côté dirigeant, avant de mettre en place la structure.
Vous préparez une implantation aux États-Unis ou vous avez déjà une société de part et d’autre de l’Atlantique ?
Blendy peut vous aider à modéliser les différents scénarios et à choisir une organisation cohérente avec vos objectifs.
Cet article présente des situations volontairement simplifiées afin d’illustrer les différences de mécanisme entre la France et la Floride. La fiscalité applicable dépend notamment de la structure juridique, de la résidence fiscale des actionnaires, des conventions fiscales et de la nature des revenus. Pour en savoir plus, demandez à Blendy, expert-comptable international.
Sources :
Avec Blendy, expert-comptable international profitez de tous les atouts de la comptabilité digitale et de Conseil financier international pour accélérer votre process finance et développer votre entreprise.
Certifiés Pennylane, Dext, QuickBooks et Stripe, nous accompagnons les entreprises du numérique, e-Commerce, ESN, SaaS, en France et à l'international.






